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Je mets ici à disposition les ressources exploitées pour le cours de Culture générale et Expression portant sur le thème “Faire voir : quoi ? Comment ? Pour quoi ?“.

Cette liste se complètera au fur et à mesure ; merci de venir régulièrement.

Avec les blogs, on a vu apparaître une foultitude de gens biens, dont le réseau généré se nomme blogosphère, et les hiérarques sont baptisés barons. Soit. On savait qu’Internet n’était pas LE modèle égalitaire dont tout le monde révait.

Avec les blogs, on a aussi vu apparaître, via les commentaires, la foule des anonymes, réagissant aux dires des premiers. C’est ce que l’on nomme le User Generated Content.

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J’ai ouvert sur CultureCo un blog dédié à l’accompagnement de la nouvelle épreuve unique de Culture générale et expression (anciennement Epreuve de Français). Des fiches techniques, des exercices, des ressources bibliographiques, des conseil et de la méthode agrémentés des commentaires des membres du forum (et autres visiteurs).

Avec le mouvement étudiant actuel, les journaux, les jeunes et un peu tout le monde nous ressortent les clichés soixantehuitards et l’appel à la Révolution.

Pour info, je tiens à rappeler qu’une révolution est le mouvement d’un corps qui revient à sa place après avoir tourné autour d’un axe. Autrement dit, une Révolution n’apporte aucun changement.

Depuis 1995 et le troisième tour social d’Arlette Laguillier, on nous promet un grand bouleversement populaire qui viendra résorber la fracture sociale, redonner le pouvoir au peuple et déboulonner les dinosaures du Parlement et compagnie.

Et depuis, chaque année ou presque, les étudiants manifestent contre la promulgation d’une loi visant à réformer le parcours universitaire ou l’accès à l’emploi (lois Millon, Fillon, réforme des IUT, le fameux “Enlèves ton CIP, Balladur”, sans parler des réformes de l’Education avec Allègre).

A propos de ses manifestations, on nous parle du désir légitime d’une jeunesse qui a besoin de s’opposer pour se sentir exister, de cette volonté de tuer le père, de refaire le monde, de montrer sa maturité politique et son indépendance d’esprit à l’écart des grands courants de pensées et des organes politiques dominants, tout en brandissant l’effigie du Che, des drapeaux rouge ou noir, ou d’autres icones de l’extreme-gauche.

Certains rigoleront à gorge déployée en montrant la main-mise des syndicats et des partis(UNEF, CGT, PC, PS, etc.) sur les mouvements étudiants, constatant simplement l’omniprésence de certains leaders syndicaux au sein des médias (Bruno Julliard), les méthodes de gestion des manifestations (appel aux SO des grandes centrales), l’encadrement des revendications (par l’élection ‘démocratique’ des porte-paroles, représentants et autres délégués) et la rhétorique des slogans, le tout à quelques mois des élections syndicales, législatives et présidentielles, et dans un contexte de guerre larvée entre, dans l’ordre comme dans le désordre, Villepin, Sarko, le couple Hollande-Royal et Fabius.

D’autres, plus en recul, analyseront le texte de loi générateur de tous ces désordres : on lira pour cela l’excellent article de maitre Eolas sur le CPE pour se faire une idée de l’absurdité des mouvements actuels. [Je prends bien garde depuis cette lecture à ne pas parler de grève]. Lecture que l’on complètera par celle de son second billet consacré au CPE.

Pour résumer, et rebondir, si j’ai bien tout compris (car je n’ai fait qu’une année de Droit - et tout le reste de travers comme disait Coluche) : le CPE est plus protecteur qu’un CDD ou CDI, et en plus il coûte plus cher en frais de licenciement pour l’employeur.

Et nous, avec Maître Eolas, de nous demander pourquoi alors on manifeste dans la rue ?

[EDIT]Le Conseil Constitutionnel ayant validé le texte, et les syndicats refutant la lecture strictement juridique de la loi, nous ne devrions pas nous att&ælig;rder sur cet argument.[/EDIT]

Le CPE est symptomatique d’une crainte de la précarité pour une génération qui ne connait du monde du travail que les chiffres du chomage rabachés par les médias, des parents inquiets et des profs sadiques.

Est-ce que le fait de retirer le CPE va-t-il faire baisser cette précarité (mot qui ne peut être traduit dans d’autres langues) ?

Bien sûr que non.

Maintenir le CPE va-t-il améliorer la croissance et la productivité nationale ? On risque de ne jamais le savoir tant le conservatisme du corps étudiant syndiqué empêche toute réforme en profondeur. Encore une réforme qui, même si elle va passer, se retrouvera édulcorée par les amendements, les décrets d’applications, la mauvaise volonté des uns et des autres et disparaîtra lors de la prochaine législature.

Néanmoins, peut-on retenir quelque chose de positif de cette fronde ?

Que la jeunesse en a marre (c’est générationnel), plus que marre (c’est conjoncturel) et que l’union sacrée qui semble se dessiner entre les coordinations lycéennes, étudiantes et les fédérations syndicales peut mener assez loin dans la révolte. Révolte entamée déjà à l’automne, avec une autre couche de la jeunesse (des ‘banlieues’ cette fois-ci).
Rajoutez à cela le comportement limite autoritaire du gouvernement en place et nous voilà avec des facteurs dangereux.

Il manque cependant certains facteurs pour qu’un vrai changement se dessine.

Les blocages étudiants ne pénalisent qu’eux ; ce qui fait qu’ils génèrent eux-mêmes leur propre précarité. C’est d’un bête ! Quand on atteindra une grève collective et nationale, tout corps de métier cofondu, là ça sera le gros bazar qui méritera son entrée dans l’Histoire.

Surtout, ce qui manque, c’est un programme. Car qu’ont les révoltés du jour à promettre pour les lendemains de la grève ? Einh ? Le nouveau modèle socio-économique dont tout le monde parle ? Un embrouillamini fait de socio-libéralisme coopératif teinté de développement durable antimatérialiste ? Une nouvelle éthique partagée par le plus grand nombre ? Un nouveau paradigme dans le rapport homme/société ? Des textes philosophiques ? Des engagements politiques ? Macroéconomiques ? Un courant de pensée transversal et fondateur ?

Non. Rien de tout ça. Mais si les prémisses se dessinent deci delà (écologie, éthique, macroéconomie, forum social, solidarité, développement durable, engagement associatif, prise de consicence politique, consumériste, sociale, etc..) le grand courant de pensée novateur et pragmatique n’est pas là. Et c’est bien dommage.

J’interviens un peu tard dans la polémique issue de la publication des caricatures du Prophète Mahomet :

  • d’abord, j’ai un peu l’esprit d’escalier et il me faut du temps pour circonscrire les faits et mon opinion - je ne suis pas sûr d’ailleurs d’y être parvenu ;
  • ensuite, je n’aime pas réagir à chaud. Tout événement, surtout quand il se produit dans le domaine des media, nécessite un minimum de recul. Par esprit de synthèse, il est bon d’assimiler toutes les infos pour mieux les intégrer et les confronter ;
  • enfin, j’avais pas que ça à faire que de m’atermoyer sur des mauvais dessins. On nommera ça l’esprit critique.

J’interviens donc un peu tard, et c’est volontaire. Quelques semaines après les ‘événements‘ (je parle de ceux de Janvier, vous noterez au passage la mesure toute relative de mon retard), qu’ai-je retenu de tout ce bazar ?

  1. il ne faut pas avoir peur des menaces ;
  2. il faut craindre le communautarisme ;
  3. il faut défendre la liberté d’expression.

Reprenons.

  1. Evidemment. De même qu’il ne faut pas céder au chantage. Ni aller dans le sens des preneurs d’otages, des terroristes, etc.. C’est une preuve de courage et de fermeté : montrer qui est le plus fort. Chez les jeunes mâles, c’est le jeu de celui-qui-a-la-plus-grosse. Est-ce courageux cependant de jeter de l’huile sur le feu en reprenant les caricatures, sous couvert du devoir d’informer des media, d’user de sa liberté d’expression. N’y a-t-il pas une forme d’hypocrisie contre laquelle il aurait aussi fallu s’élever ?
    Cel ressemble un peu à cette volonté farouche qu’ont certains, aux Etats-Unis, de porter des armes à feu uniquement parce que la Constitution le leur autorise.
    Je ne sais plus qui a dit qu’il ne fallait pas communiquer à autrui ce que je ne voulais pas qu’il me communique. Mais quelles sont les valeurs aujourd’hui qui, attaquées, nous feraient réagir ?
    Si je me moque de mon voisin et qu’il me met son poing dans la gue…, j’aurais raison de me dire que c’est un gros c.o.n. Mais il faudra aussi que j’assume et que j’applique ce qualificatif à moi-même. L’usage de la liberté d’expression ne peut se faire en parfaite impunité. Comme disait l’oncle de Peter Parker (ça c’est de la culture !), “tout pouvoir entraîne des responsabilités”.
  2. Dans la famille des -ismes, au XXème siècle, on a eu le nazisme, le fascisme et le communisme, avec les dégats que l’on sait. Avant on avait eu l’absolutisme, le féodalisme, et avant encore le barbarisme. Les -ismes, c’est mal ! On est tous d’accord avec ça. Aujourd’hui, on a l’intégrisme et le communautarisme. Beurk ! [Si on regarde bien, dans la famille des vilains -ismes, on a eu aussi le romantisme, le surréalisme, le cubisme. Tous plus fadas les uns que les autres. Non, vraiment : vilains, les -ismes !]
    Bref, aujourd’hui il faut craindre le communautarisme (édito de Jacques Julliard dans le Nouvel Obs, début février). Une sorte de centrisme (beurk) sur des valeurs plus ou moins certaines : on avait l’ethnocentrisme, l’eurocentrisme, l’egocentrisme. Bouh ! vilains les centrismes… Le communautarisme, c’est le repli sur soi d’une communauté, c’est-à-dire un groupe de personnes rassemblées pour leur appartenance à une même culture, une même ethnie, une même foi, des valeurs communes, etc.. Notez qu’avant (avant la mondialisation et avant l’exode rural), on parlait d’esprit-de-clocher. Aujourd’hui, on pourrait parler d’esprit-de-minaret (?).
    _ “Ouh le vilain, il se moque !”
    _ “M’en fiche, j’ai ma liberté d’expression !”
    Donc, le communautarisme, c’est cet enfermement dans des valeurs refuges : on trouve en vrac les Mormons, les Gays, 2 ou 3 tribus afro-orientales qui se livrent une guerre impitoyable depuis la nuit des Temps, les gothiques, les sunnites, les riders, les djeunz, les geeks, les latinos, les vieux, les beurs et tout ceux qui croient qu’un bon guetto avec des miradors leur enlèverait toutes leurs emmerdes.
    Bref, le communautarisme, c’est cet ennemi de la démocratie, démocratie qui rassemble en son sein et “sans distinction d’origine, de race ou de religion“. C’est l’antithèse du vertueux melting pot à l’américaine. Modèle qui n’existe plus depuis longtemps.
    Autrement dit, la démocratie est-elle capable de tolérer en son sein tout ceux qu’elle prétend accueillir ?
    Vous aurez assimilé bien sûr que la Démocratie est un regroupement de personnes autour de valeurs fondamentales (la laïcite, l’égalité). Mais que sa défense ne relève pas du communautarisme.
    Se basant sur les lois de la physique, qui pour l’heure sont plus immuables que les lois humaines, il faudrait se demander si une démocratie, ou tout système politique basé sur la représentation, ne risque pas d’atteindre, comme les géantes gazeuse et les étoiles massives, une masse critique au-delà de laquelle elle change d’état. Ne se supportant plus, elle s’effondre, implose, se transforme pour devenir une supernova ou un trou noir. Pour rappel, la phase suivante de l’effondrement d’un astre est régi par le principe d’incertitude.
    En vue de cette perspective, faut-il craindre la dérive du communautarisme ? Le protectionnisme, l’instauration de l’esapce de Schengen, la défense de la francophonie ou celle de l’exception culturelle française ne sont-ils pas des exemples de repli ? Comment faire pour atteindre le beau slogan : “Tous égaux, tous différents” ! Comment ne pas mélanger peur du communautarisme et crainte d’une uniformisation de la culture ?
  3. Or c’est bien à une pensée unique que j’ai été confronté dans la blogosphère. Parce que l’un des fondements de la communauté à laquelle j’adhère (par ma naissance) est la liberté d’expression, j’ai le droit de dire ce que je pense. J’ai le droit de (mal) dire ce que je pense (de mal). Et tant pis pour les conséquences. Je suis protégé. C’est un droit inaliénable de l’Homme. S’en prendre à cette liberté, c’est s’en prendre à l’Humanité. Et la Démocratie pour l’heure est la seule garante de ce Droit. (Et moi de ranger les majuscules avec les -ismes).
    Or, sachant que la démocratie est le moins mauvais des régimes politiques (c’est vrai, quelle est la différence entre une élection à la majorité absolue et la loi du plus fort qui prévaut dans la jungle ?) et que toute défense d’une valeur propre à une communauté est taxée d’intégrisme, comment oser alors dénoncer ceux qui, sous d’autres régimes, dans d’autres cultures, n’approuvent pas ces f… cultures ? Qui sommes-nous pour faire ça ? De quel droit estimons-nous que notre démocratie est meilleure que la chariah ? Parce qu’elle nous octroie plus de liberté ? Parce qu’elle nous ouvre grand les portes de la Raison, ce spectre froid qui nous fait douter de tout ? Qui annihilie toute perception par excès de scientisme ? Qui nous prive de la subjective beauté, de la poésie, de la magie du monde inconnu, des mythes et des monstres ? Qu’est-ce qui est le plus enrichissant : le cynisme ou la foi ?

Pour résumer :

  • il faut il faut appliquer avec discernement sa libeté d’expression, par respect pour autrui.
  • nul n’est légitime pour juger autrui, ce qui dans la pratique interdit toute forme d’expression.
  • placer la Raison au-dessus de tout est une belle connerie, aussi grosse que celle de vouloir y mettre un dieu ou quoique ce soit d’autre, d’ailleurs.
  • avec ça, on n’est pas dans la merde. Heureusment que ne me vient pas l’idée d’en faire une doctrine philosophique !

Voilà. Comme prévenu au départ, je ne suis pas sûr d’avoir cerné la question : que penser de tout ce bazar. Plus de questions sont apparues que de réponses. Me voilà bien embarassé… Allez, je vais essayer de réflechir aux manifs anti CPE !

On pourra trouver des compléments d’info ici :

Enfin, on pourra toujours se référer à la solution ultime que j’avais envisagé précédemment !