vernissage : on en remet une couche !

Grande première pour moi, le vernissage chez ArtiSens.

Je n’avais jamais exposé devant des inconnus ; et eux n’avaient jamais vu mes tableaux : moment toujours un peu dérangeant. D’autant plus que là, j’exposai à la fois des tableaux et des maquettes. Les premiers ont rencontré beaucoup moins de succès que les secondes, ce à quoi je m’attendais mais qui me gène quand même un peu. En effet, je consacre plus de temps, d’énergie et de réflexions à mes tableaux qu’au bricolage des maquettes. Mais bon, si elles vendent mieux, je vais pas non plus les jeter au feu !

Cela étant, l’un des intérêts majeurs de la soirée a été de bénéficier de l’analyse symbolique, sémiologique et quasi psychanalytique de mes tableaux (et accessoirement aussi des maquettes) par une foule critique (mais positive) !

Je synthétise tout ça autour du tableau intitulé « Vue des Vallons Vénusiens » (titre sur lequel je reviendrai).

Vue des vallons vénusiens

Vue des vallons vénusiens

D’abord sur la technique : des aplats, qu’on me reproche.

« Les perspectives sont faussées par les couleurs : le clair devant, le sombre au fond ; il n’y a pas d’ombres, pas de lumière. Tu veux faire du Cézanne mais tu vas pas assez loin ! « 

Moi : « P… M…, c’est Vénus quand même ! c’est pas la porte à côté… »

Comment réduire la critique par l’absurde !

Ensuite, sur les formes.

« C’est très féminin, ces 2 collines, roses ; ces courbes, et le cube rouge, comme principe masculin au d’un fond sombre, c’est le prédateur qui approche. Mais heureusement, avec le vert en haut, il y a de l’espoir ! Le charnel en bas, le spirituel en haut. »

Moi : « ..? »

« Et puis Vénus, c’est le mont-de-vénus. Les 3 V, c’est le triangle féminin. »

Comment réduire la critique par le silence ! Toute justification me ferait passé pour un obsédé, déjà qu’à les écouter…

Ai-je préciser que les critiques étaient exclusivement des femmes ?

Et ensuite la théorie.

C’est normal les aplats, l’inadéquation des couleurs par rapport à la perspective ; et la symbolique des couleurs est fausse. Pourquoi ? Ici Vénus est une hypothèse de travail. Je m’en sers pour me situer dans une autres dimension ; grâce à ça, j’élimine tous les paradigmes optiques en vigueur ici, et je crée ceux qui meplaisent dansmes tableaux. Grosso modo, je fais ce que je veux !

Nan mais !

Bon cela dit, j’ai été amusé d’entendre des analyses sur mes tableaux, analyse que je n’avais jamais faites, alors même qu’une partie de mon travail est d’appeler à la vigilance de mes étudiants vis-à-vis de l’image, et de toujours essayé d’en trouver le sens caché. La prochaine fois, on fera un TP avec Vénus !